en cours d’écriture au 3 novembre ; séance en cours.
Le PDF avec les quatre textes étudiés au cours du premier chapitre
Vous trouverez ci-dessous les trois extraits de la pièce que nous étudions, ainsi qu’un texte écho issu d’une pièce de Michel Vinaver, lui aussi travaillé dans la perspective de l’explication de texte à l’oral du Bac.
Attention, ne prêtez pas d’attention à la mention « chapitre II » : c’est un reliquat du document de l’an dernier, que je n’ai pas jugé indispensable de reprendre. Merci de votre compréhension.
Délimitations de l’extrait
De : « H. 2, l’observe un instant. S’approche de lui, lui met la main sur l’épaule : »
à : « H. 2 : Quel bout de lard ? »
Pour situer le texte
H.1, vexé à la suite d’un long échange sur le bonheur qui a considérablement accru la tension entre les deux protagonistes, a failli quitter les lieux. Mais, sur le départ, il s’est arrêté pour regarder au dehors. H2 le retient alors.
Notre extrait commence donc alors que la tension, qui avait atteint dans la pièce un premier point haut, paraît retomber.
Pour élaborer votre projet de lecture
Je liste ci-après des projets de lecture possibles (en variant les tournures) : tous sont fondés sur la première partie de notre séance, qui était consacrée à la découverte du texte, mardi 3 novembre. Je me suis pour cela appuyé sur les interprétations que vous avez proposées.
J’indique les classes, car les cours se sont révélés différents comme souvent ; mais rien ne vous empêche de regarder ce à quoi nous sommes parvenus dans l’autre classe.
In fine, en vous inspirant ou non de ce qui est proposé ci-dessous, formulez la direction de lecture qui vous convainc le plus, à laquelle il vous semble le plus pertinent de rattacher vos interprétations au fil de votre explication.
En 1A :
- Cette scène montre à quel point les personnages sont différents. / Cette scène montre ostensiblement à quel point les personnages sont différents : tel est le projet de lecture que je défendrai.
- C’est une scène dans laquelle les rôles s’inversent : H1 devient le procureur de H2 : c’est le fil rouge de l’explication que je vais vous proposer.
En 1C :
- Nous avons affaire à une scène ambivalente, voire ambiguë, entre réconciliation et mise en évidence de ce qui sépare les personnages.
- En quoi cette scène est-elle synonyme d’inversion des rôles ? (Nous avons vu que H1 cette fois était amené sur le territoire de H2.)
- Dans cette scène, le langage accuse les différences entre les personnages et ravive les tensions. (Accuser, ici, signifie rendre plus aiguës.)
Compléments
Le poème de Verlaine que cite H. 2, consciemment ou non
« la vie est là,
Simple et tranquille. »
« Le ciel est, par-dessus… »
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
Paul Verlaine, Sagesse (1881)
Un mot sur Verlaine
La poésie de Paul Verlaine (1844-1896) se caractérise notamment par sa musicalité, et ce qu’on pourrait appeler sa délicatesse, ses nuances ; le poète a revendiqué la légèreté d’une poésie « soluble dans l’air ». Elle est cependant empreinte de mélancolie par ailleurs.
Pour la mise en perspective de notre extrait avec Verlaine, il peut être intéressant de garder à l’esprit que son nom demeure par ailleurs associé à une anthologie qu’il a consacrée aux Poètes maudits de son temps : Tristan Corbière, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud.
Le « petit pan de mur » : une autre inspiration du côté de Vermeer (et de Proust) ?

J. Vermeer, Vue de Delft, 1660-1661
Dans le cinquième tome d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, intitulé La Prisonnière et publié en 1923, le romancier Bergotte, qu’admire le narrateur, s’écroule et meurt alors qu’il est en train d’admirer « le petit pan de mur jaune », un détail situé à droite du tableau de Vermeer, Vue de Delft (Johannes Vermeer est un célèbre peintre hollandais du XVIIe s.).
Voici l’extrait en question :
Enfin il fut devant le Ver Meer qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. “C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune.” Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas.















